Asset Management | Comment réduire le coût de traitement des opérations ?

Dans un contexte d’augmentation régulière des charges administratives, quelles sont les solutions pour les Asset Managers ? Externalisation / Mutualisation des services non différenciants

Après une année 2019 exceptionnelle sur les marchés financiers (le CAC 40 a bondi de près de 28 %, l’EuroStoxx de 26% et le Nasdaq s’est envolé de près de 36 %), la crise sanitaire et économique sans précédent nous rappelle la fragilité de la croissance et des revenus des asset managers. 

Ainsi, les sociétés de gestion (quelles que soient leurs tailles) restent sous pression. La collecte de nouveaux encours a été mitigée en 2019 avec plus de 330 milliards d’euros collectés (nets des retraits) par des fonds ouverts en Europe, 2019 s’inscrit un peu au-dessus de la moyenne des dix dernières années, mais loin du record de 2017 de plus de 730 milliards, selon les données du bilan annuel réalisé par Morningstar. 

Et cette tension risque de durer compte tenu de la baisse régulière, initiée depuis plusieurs années sur les marges des sociétés de gestion, due notamment à trois facteurs, que nous connaissons bien maintenant :

  • une réglementation importante qui pèse lourdement, 
  • le maintien à un niveau très bas des taux d’intérêt dans le temps,
  • et enfin, l’indéniable succès de la gestion passive qui met à mal les modèles traditionnels de la gestion active.

De plus, les sociétés de gestion sont aussi confrontées à une augmentation régulière de leurs charges administratives dues notamment à : 

  • La multiplicité des acteurs sur la chaine de valeur de la distribution (data vendors et data disseminators nécessitant le développement d’interface de connexion pour une qualité d’un résultat final parfois contestable
  • Des organisations toujours plus complexes : les sociétés d’AM ont eu tendance à prendre chaque nouveau challenge un par un, et à y apporter une solution, au fur et à mesure des besoins exprimés.
  • Des reportings réglementaires de plus en plus nombreux et coûteux

Néanmoins, il existe des solutions pour réduire le coût de traitement des opérations :  

La mutualisation des services non différenciants est une première réponse : Un gestionnaire d’actifs doit se focaliser sur ses activités « core » à savoir la conception de produits performants, la communication, la promotion et la commercialisation de ses fonds. La différenciation entre les acteurs de ce même métier ne peut (et ne devrait pas…) se faire sur les fonctions supports post gestion.

Les asset managers prennent progressivement conscience qu’ils ne peuvent pas tout faire par eux même, ni continuer uniquement à externaliser à des coûts élevés. 

Ainsi, beaucoup se tournent vers l’externalisation afin de se délester de ces activités « non-cœur » qui nécessitent des investissements permanents pour les maintenir à niveau et que nombre de sociétés de gestion ne peuvent assumer seules.

D’autres se sont tournés progressivement aussi vers des spécialistes, capables de les aider à concentrer leurs forces sur la création de valeur et de les sécuriser par exemple sur les aspects « réglementaire » et « reporting ».

De nouveaux acteurs émergent dans la fourniture de ces services, qui permettent progressivement de définir un benchmark d’efficacité opérationnelle. A l’instar de Goldman Sachs coté sell side, certaines grandes sociétés de gestion se sont lancées dans la monétisation de leur savoir-faire et mettent ainsi à disposition à d’autres sociétés de gestion leur technologie comme BlackRock avec Aladdin ou même leur plateforme de traitement opérationnelle comme Amundi avec Amundi Services ALTO. Avec comme ambition de définir un standard de marché applicable à l’ensemble du secteur.

Un nouvel élément de réponse :  les plateformes décentralisées

Dans l’édition de logiciel, un débat revient très souvent, le « Best of Breed versus Platform ».

Pour un gérant d’actifs, sélectionner pour chaque petite partie de son processus global, l’acteur répondant au besoin, et mettre en place un projet pour l’intégrer à son système d’informations reste très coûteux, en temps humain mais aussi en ressources opérationnelles et techniques.

De plus, les couches s’empilant progressivement, on finit par construire, dans la majorité des cas, un système fragile, dans lequel chaque migration ou mise à jour entraine des effets de bord conséquents. Après quelques migrations douloureuses, le système d’information d’un gérant d’actifs s’apparente souvent à un château de cartes en équilibre précaire.

Pour faire un parallèle avec ce que nous connaissons tous… Il est plus simple de se connecter sur Zalando pour acheter trois paires de chaussures de marques différentes, ou sur MeilleursTaux pour son prêt immobilier. Pourquoi cela ne s’appliquerait-il pas un gérant d’actifs ? Il est beaucoup plus logique pour une société é de gestion de ne payer le coût de branchement qu’une seule fois vers une plateforme qui lui offrira toute sortes de services, et ainsi être en mesure de pouvoir migrer, s’adapter et pivoter sans mettre en danger le cœur de son système d’information.

En conclusion

Les asset managers doivent évoluer dans leur vision et tirer rapidement profit des plateformes décentralisées pour dégager des marges opérationnelles. 

Ces plateformes décentralisées pourraient véritablement accompagner les asset managers dans la croissance de leurs activités et les décharger d’aspects non stratégiques dans un environnement toujours plus concurrentiel où les marges ont été, ces dernières années, durement mises à l’épreuve. 

Cette approche plus holistique de l’ensemble des aspects technologiques au service de l’efficacité opérationnelle (données, systèmes, reporting, digital et…. blockchain), est la seule en mesure de :

  • Rationaliser les coûts des opérations et process
  • Permettre le passage à l’échelle
  • Et ne pas démultiplier les fournisseurs de services, qui ont un impact fort sur la rentabilité

Enfin ces plateformes se sont construites sur des environnements technologiques leur permettant de s’adapter plus rapidement et facilement aux nouvelles réglementations, tendances technologiques et évolutions des pratiques de marché (cf notre article sur les Golden Sources).

” Dans ce nouveau monde, ce n’est pas le gros poisson qui mange le petit, c’est le plus rapide qui mange le plus lent ” – Asset Management Trends 2019 – Deloitte

Article rédigé par l’équipe OneWealthPlace

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